Carnet de route
Roc de Bragues 2170 m et Coumeille de l'Ours 2176 m - Ascou Pailhères
Le 18/04/2026 par CHARBONNEL Bruno - LOUIS Vincent
Ces randonnées ont remplacé le week-end au Turon de Néouvielle en raison de conditions météo orageuses.
Compte-rendu du point de vue des skieurs (Alain, Bruno, Bertrand)
Nous avons démarré au lacet 1 687m pour remonter la piste de ski en fond de vallon avant de bifurquer à droite pour rejoindre la base du Picou de Mounégou (2 092m). De là nous avons suivi la crête jusqu'au Tarbesou où nous avons attendu nos deux compère raquetistes partis un peu plus tard que nous. Nous avons ensuite entamé une descente plein Est vers la Coumeille de l'Ours pour rejoindre le sommet homonyme (2 176m).
Après un repas à surveiller la progression de nos camarades raquettistes, nous avons rechaussé les skis pour rejoindre le Col de Pailhères avant de remonter au Sarrat des Chèvres (2 059m) où nous attendait une vue saisissante entre plaine et haute montagne, entre printemps et hiver. Le redescente du sommet s'est effectuée par le versant Sud où nous avons trouvé une excellente neige de printemps.
Compte-rendu du point de vue des raquettistes (Vincent, Fabien)
Le plan initial était le Turon de Néouvielle. Mais comme le disait si bien Gaston Rébuffat, l’alpiniste fétiche de notre maître ès-alpinisme Alain : « L’alpiniste est un homme qui conduit son corps là où un jour ses yeux ont regardé. » Ce samedi, nos yeux ont surtout regardé des prévisions météo annonçant déluge et foudre sur les Hautes-Pyrénées.
Prudence étant mère de sûreté (et Alain étant père de sagesse), nous avons dérouté l'expédition vers le Pic de Tarbésou (2364 m). Une fusion des forces s'opère : le groupe "Skis" (Alain, Bruno, Bertrand) et le groupe "Raquettes" (Fabien et Vincent).
6 h 10, parking de Labarthe-sur-Lèze. Les moteurs vrombissent. Le convoi s'élance vers Ascou-Pailhères. Enfin, « le convoi » est un grand mot.
Alors que la voiture des skieurs traçait une ligne droite et pure vers le sommet, Fabien et moi, emportés dans une joute verbale passionnée dont nous avons le secret, avons réinventé la géographie locale. Résultat : un détour improvisé et 50 minutes de retard au point de départ. Sportivement, nous avions dit aux skieurs de ne pas nous attendre. Mais l'honneur du raquettiste était en jeu.
Pour racheter notre égarement, point de sentier en lacets. Fabien et Vincent ont opté pour la méthode « droit dans le pentu ». En dévers, en pleine pente, nous avons mis les bouchées doubles pour tenter de nous faire pardonner.
À notre arrivée au sommet du Tarbésou, les skieurs nous attendaient de pied ferme. Après un rapide check météo et du manteau neigeux, les destins se séparent : les skieurs s'élancent dans la pente, tandis que les « raquettistes » décident de prolonger l'aventure vers le Roc de Bragues (2170 m) par les crêtes.
Nous avons alors entamé la descente du Pic de Tarbésou vers le Sarrat des Escales (2175 m), puis vers la Sarrat de Garbensa (2129 m) en prenant garde aux corniches et aux dents de requin.
Alain vous dirait que le terme Sarrat vient de la racine occitane « sar » (terre allongée sur les sommets) et de la racine « ar » (pierreux), bref, un sommet en forme de crête allongée et pierreux (CQFD).
Après une petite portion de crête aérienne, nous atteignons enfin le Roc de Bragues. Après un rapide déjeuner notamment face à la Dent d’Orlu, nous avons rebroussé chemin.
Pour ce faire, il nous a fallu remonter au sommet du Pic de Tarbésou par des pentes aussi raides, si ce n’est plus que celles du versant Nord que nous avons gravies lors de la montée.
Pour la redescente du Tarbésou, nous avons suivi la crête de Monégou (2280 m) avec un ultime crochet par le Picou de Monégou (2092 m).
Appliquant les préceptes, qui ne manque jamais de rappeler qu'un bon alpiniste sait s'adapter au terrain, nous n’avons chaussé, ni les raquettes, ni les crampons, la neige étant humide.
Enfin, nous avons terminé la descente par la piste rouge d'Ascou en mode "Culing".
Pendant que les skieurs regagnaient déjà leurs pénates, Fabien et moi avons conclu cette journée de la plus belle des manières : sur une terrasse à Ax-les-Thermes, devant un verre bien mérité.
Bilan de la journée :
- Distance : 11,5 km
- Dénivelé : 1100 m D+
- Moral : Au sommet.
Comme dirait Alain citant Gaston : « On ne grimpe jamais seul, on emporte avec soi tous ceux qui nous ont appris à aimer la montagne. » On avait juste oublié d'emporter le GPS au départ !





