Carnet de route
Pic d'Aneto 3404 m - Massif de la Maladeta
Le 16/05/2026 par LOUIS Vincent
Les prévisions météo étant mauvaises pour vendredi, annulation de la réservation au refuge de la Rencluse pour un repli tactique dans un appartement à Eriste le vendredi soir, et décalage de l'ascension au samedi.
Participants : Alain, Bertrand, Frédéric (Ski de rando) ; Fabien, Vincent (Raquettes).
Avant de narrer nos mésaventures, un peu de culture :
- La Maladeta : Ce nom vient de l’espagnol Montes Malditos, les « Montagnes Maudites ». La légende raconte qu'un berger ayant refusé l’hospitalité à un pèlerin vit ses pâturages pétrifiés et changés en glace pour l'éternité.
- L’Aneto : Le point culminant des Pyrénées tire simplement son nom du petit village d'Aneto, situé sur le versant Sud-Est du massif.
Samedi matin, départ à 6 h 15 du parking de la Besurta (1 885 m). Surprise : nous ne sommes pas seuls. À croire que toute l’Espagne s'était donné rendez-vous pour conquérir le toit des Pyrénées. Un véritable défilé de voitures et d'aspirants sommitalistes.
Peu avant d'atteindre le Refuge de la Rencluse (2 140 m), nous chaussons, les uns, les skis ; les autres, les raquettes, mais notre progression reste groupée.
Nous suivons l'itinéraire classique de la voie hivernale. Mais la montagne "maudite" mérite bien son nom aujourd'hui. Plus nous montons, plus l'ambiance devient dantesque : de fortes rafales de vent nous bousculent, tandis qu'un rideau de nuages épais nous occulte toute visibilité.
Le verdict tombe à 2 865 m, juste sous le Portillon Supérieur (2 908 m). La visibilité est quasi nulle : poursuivre serait déraisonnable. La décision est prise, nous faisons demi-tour.
Après une première partie de la descente délicate dans un "jour blanc" total où l’on ne distinguait pas le relief, le retour à la voiture se fit sans encombre.
La croix du sommet nous a certes échappé, mais comme l’écrit notre compagnon Bruno :
« Parfois, ce n’est pas nous qui renonçons, c’est la montagne qui décide qu'elle ne veut pas être gravie aujourd'hui. Il faut savoir l'écouter pour revenir la voir quand elle sera de meilleure humeur. »
Ce n’est que partie remise. L’Aneto est toujours là, et nous aussi. Et comme après chaque sortie où l’on a bravé le vent, le pot de l’amitié au retour n'en avait que plus de saveur.





